23.11.11

De vrais sauvages

Y a deux écrivains que j'arrivais pas à blâmer en entier dimanche dernier. Pourquoi, c'est difficile à expliquer, mais je vais essayer.

OK, Éric McComber, je commence par lui, c'est le plus simple: il n'est d'aucun groupe, certainement pas du groupe des écrivains Québécois, l'idée de groupe le rend malade et c'est pourquoi il est parti depuis des années, n'étant ici que de passage pour promouvoir son roman La Solde. Indigné, il l'est depuis avant que ce soit à la mode, et coucher sous la tente, c'est pas une aventure pour lui. Il était là, mais je sais qu'il parlait en son nom, pas au nom des écrivains.

L'autre, c'est Mike Vézina. Le coeur gros de même, et la science immense coupée en deux au beau milieu: autant il est savant et pénétrant sur la matière des choses, autant il est innocent sur l'hommerie morose. Mais voilà un homme, c'est peu su, qui jadis alla vivre dans le bois tout fin seul, indigné, le temps qu'il faudrait pour trouver une raison de revenir participer à la civilisation, et chaque mois cashait son chèque de BS aussitôt investi en graines d'oiseaux, sauf le strict nécessaire à sa propre subsistance. Oué. It's true. Il nourrissait les oiseaux du bois avec vos taxes. Alors, hein, si cet homme-là n'a pas gagné une vaste mesure   d'immunité mienne, qui le pourrait?

Regardez dehors. Il neige une bonne crisse de neige de Canada de 23 novembre. Mais hier encore, Big Mike publiait sa chronique candide ignorant les calculs durs du monde.  La Phase 3 des leaders indignés (celle qui se passe au chaud en laissant les kiddos se débrouiller et les sickos redevenir le problème de la Ville). La simple et bête évidence qu'on passe pas l'hiver campé su'l square Victoria si on a le choix. L'hiver montréalais, misère, on l'oublie si facilement? Après quatre cents ans d'expérience? Le Maire, lui, il s'en rappelait. Il était pas pressé. C'est pas Québec, ici, le Maire n'a pas à plaire à un électorat bruyant formé à l'école de Jeff Fillion, ses apôtres simplets, ses sectateurs épais. Ici, on a vu neiger. Mike, il veut pas voir l'histoire crochue comme ça, et résultat je ne peux pas le blâmer non plus là-dessus: il me baise full planche.

4 commentaires:

É. a dit...

Je l'ai bien dit avant de lire, je ne suis pas un indigné. Je suis en tabarnak.

Et puis, quand on m'invite à lire, j'y vais. D'ailleurs, je lirai des extraits de La Solde au prochain CA de Barrick Gold portant sur le thème More War? Yes, but how?

Mais non. Stune joke.

Mistral a dit...

On l'aurait pognée, tsé. On est pas si caves.

Ce que les Tribaux pognent pas, c'est la perfidie de ta fausse joke qui cache la vraie: t'as traduit le roman et il sort en anglais et tu vas en effet le lire au next CA de Barrick Gold: It's entitled SOLD, the Rags to Riches story of young Émile Duncan, stuck in two hopeless roots, one indian, the other french: he will fight this unfair curse with all his might until he carves a place for himself in the british sun, gets rich, marries a beautiful bitch and starts a think tank with partner Henry Kissinger. SOLD! Don't wait for the movie!

É. a dit...

Non mais où se trouve ma beautiful biche ? Je veux bien la tripoter pendant la partie de hockey, ce soir au bar sportif Chez Bruno.

Je serai également en vedette à la soirée Armée Canadienne Royale : Nouvelles perspectives, Défis et Opportunités pour techniciens en prothèses et spécialistes des amputations traumatiques.

Mistral a dit...

The man just won't stop working. Duncan's anglo version, of course: in french you find the character's not that much into work work work for it's own sake, I mean he works like a sonofabitch but he does so because he enjoys working on his books, his music, himself, and he spends a lot more time drinking and singing and making love, that french Duncan: his anglo counterpart wouldn't dream of wasting good solid youthful masculine energy on such frivolities when there's money and power to be won and a place under the british sun.