28.12.09

La sénescence

Well, I don't know for sure, you know? I guess I'd venture to say, once pushed to do so, that, well, you know, la sénescence sure sucks ass sometimes. Most of the time, actually. Come to think of it, getting old stinks all of the time, en fait ça pue de plus en plus à mesure que le temps qui reste pour sentir diminue.

La sénescence, on dira ce qu'on voudra, c'est une sacrée salope.

6 commentaires:

helenablue a dit...

Une sacrée salope, indeed... J'ai pu la voir à l'oeuvre ce week-end, ayant visité à l'hôpital mon beau-père qui vas sur ses 85 ans et que le corps lâche de jours en jours, ça fait mal de voir ça, pourtant toujours de l'appétit dans ses yeux et de la générosité dans ses propos mais plus la force de faire, plus le goût de l'action les forces manquant.
Alors avant qu'elle nous embaume, profitons de la vie à pleines dents plein coeur pleins poumons pleine rate plein sexe pleines mains, et goûtons sans relâche aux plaisirs et douceur de l'existence au plus plein de nos cellules vivantes, cette matière qui nous vibre et nous palpite...

cousin machin a dit...

c'est quand on vieillit qu'on commence de plus en plus à s'en rendre compte.
moi ça fait 12 ans que je me le dis. et j'ai que 37 ans.

Yvan a dit...

Peux pas être plus d'accord.
Me tais devant Henri Matisse,
pigé chez Blue:
"On ne peut s'empêcher de vieillir,
mais on peut s'empêcher de devenir
vieux".

Le plumitif a dit...

je redonde sans doute inévitablement sur moult faisandés de la sagesse mais, franchement, rien de ce qui nous émeut, nous touche, nous allume, nous whatever, n’aurait le moindre sens - le sens même à vrai dire serait inexistant - sans cette courbe que nous sommes et dont on ne réalise jamais vraiment où en est le sommet (soit qu’on est trop énervés pour se rendre compte qu’on y est, soit on est trop gâteux pour se rappeler c’était quand au juste déjà? – non, en réalité je déconne, des sommets il y en a partout)… d’ailleurs, ça me fait penser à un livre de Knut Hamsun que j’ai lu il y a longtemps, «Sur les sentiers où l’herbe repousse», qui révèle des choses étonnantes sur les relations insoupçonnées (en tout cas par moi) entre les sommets et l’âge…

helenablue a dit...

C'est sage en effet et assez juste aussi, je réfléchis à ton commentaire Plumitif et m'en imprègne, je n'ai pas lu ce livre d'Hamsun, un écrivain dont j'apprécie beaucoup la plume et la sensibilité, et si je comprends bien ce que tu veux dire, reprends moi si je me trompe, chaque âge sa mesure, son plaisir, ses possibilités, et que le sommet est à chaque fois autre et de nature différente suivant son parcours, je crois possible de bien vieillir remenber la vidéo de Miller si on garde la vie en soi vivante, ça paraît bête peut-être de le dire comme ça mais je ne vois pas d'autres tournures que l'être en vie, c'est quand cette vivance nous quitte qu'alors la sénescence l'emporte, mais est-ce seulement qu'une question de mental ou de force de caractère ou de comment j'ai vécu, parait-il qu'on vieillit comme on a vécu, je ne sais pas, mais en l'occurrence mon beau-père, là n'avait pas comme Henri, cet appétit, ce goût encore bien présent d'expérimenter, de vivre au fond...
" Sur les sentiers où l'herbe repousse", rien que le titre, c'est amusant me fait penser à la chanson que Kevin a offert à Emcée et Christian pour Noël, je crois qu'on a en soi cette capacité d'influer sur ce qu'on vit même sa vieillesse dans cette approche qu'on fait et dans le sens qu'on donne à ce qu'on a vécu et ce que l'on vit, Yvan le rappelle avec ce propos de Matisse, et je crois aussi que ce processus est un cheminement, pas toujours des plus faciles, mais enthousiasmant, comment dire, cette courbe dont tu parles cette courbe de vie comme un trait au fusain ou une aquarelle, ce qu'on voudra, s'il le pinceau tient la route et maintient sa tenue et son geste sur la longueur donne alors un résultat qui nous dépasse et la fin comme le début de ce trait plus clair plus transparent en donne la mesure, L'intense c'est de vivre tout ce qu'on a à vivre en ne lâchant pas l'outil.
Hum, peut-être un peu fouillis ce que je viens d'écrire...
:-)

Le plumitif a dit...

ton joli fouillis (ben, pas si fouillis que ça pour moi à vrai dire) Blue, comme d’hab, va droit dans le sens que j’évoquais. à quoi ça tient cet élan à gravir encore, jusqu’à la fin, même quand les jambes n’y sont plus? mystère… (ah tiens, un autre titre fumant d’Hamsun que j’ai découvert, comme bien d’autres sans doute, grâce à Miller justement!) en tout cas, dans le récit dont je parlais, Hamsun l’illustre, il l’incarne même en fait, à sa façon toute particulière. ben, ça me semble déjà un peu une clé ça, la façon toute particulière d’être, de persister en dépit de l’inéluctable… et puis il y a aussi sans doute le goût du dépassement. c’est pas pour faire mon petit La Palice mais, quand même, ce goût-là, par définition, s’accommode de toutes les conditions…