9.4.10

La farce de Malvina

Dimanche, Emcée et moi recevons quelques amis à bruncher: il nous reste une dinde à rôtir avant l'été. Je vais mitonner la fameuse farce de ma grand-mère, et je mentionnerai que le céleri requiert davantage de calories à manger qu'il n'en fournit, hihi...

3.4.10

Fisc, fisc rage

Le fisc québécois vient de saisir la totalité des droits d'auteur que Boréal s'apprêtait à me verser pour l'année écoulée. S'agit pas d'une fortune, juste de quoi payer le loyer du Bunker, changer de lunettes, emmener Emcée au TNM où l'on donne Huis-clos puis à La Banquise pour claquer les sous qui restent sur une frite partagée.

Rien donc qui soit la catastrophe, même pas une petite: aux étudiants en création littéraire qui aspirent à en faire métier, on devrait aussi enseigner les arcanes du loyer, comment jongler et avaler du feu et parcourir le fil de fer et voltiger de trapèze en malaise sans filet, conter fleurette aux femmes à barbe et se contorsionner comme une Chinoise prépubère et bonimenter comme un marchand d'huile de serpent: le Cirque du Soleil pourrait s'associer aux Facultés de Lettres, Laliberté serait enchanté, Péloquin un peu moins, héhé...

Bref, j'y suis rompu depuis longtemps, aux acrobaties de l'abri, je suis un funambule du logement, un magicien du vestibule et un Hercule d'appartement. À ce chapitre, donc, celui du chapiteau, je n'ai aucun souci.

Renoncer à voir la pièce avec ma douce m'écoeure en crisse, vu qu'on s'en faisait une fête depuis des mois, que je lui ai communiqué l'envie de voir et d'écouter, de découvrir et d'éprouver cette oeuvre que je connais intimement, qui a beaucoup compté pour moi, que j'ai aimée dans ma jeunesse de toute la virulence bouillant dans mon esprit alors et de toute la timide tendresse dissimulée dans les volutes de vapeur en flottaison sifflante entre l'intellect-alambic et le shack de mon crâne. Mais c'est pas ça qui troublerait Emcée, que l'huis reste clos ce coup-ci au TNM, elle ne poussera aucun soupir de déception, ses commissures n'esquisseront même pas un frisson vers le bas.

Les barniques attendront, tabarnak. J'ai le nez long, il reste de la place pour ajuster celles que j'ai à la bonne focale. Et pis les frites, on s'en fera. So fuck it.

27.3.10

Killer





Ain't dead yet, know what I mean?

Clin d'oeil lourd à la Tribu, coeur ouvert et rire entier...

15.3.10

Odieux Tout-Puissant!

Tu m'as fichu cette effarante Tribu, pleine de puissances clandestines mâtinées de douceurs en cascades. C'est une terrible chose que vous font vos amis quand ils passent dans votre dos puis sous votre nez pour vous célébrer.

J'ai pris le temps, toute une nuit puis tout un jour, pour chasser puis capturer mon sentiment tel un Braque, absorber, me pénétrer de ce que Blue a perpétré: ce savoureux crime d'amitié, aidée de ses charismatiques complices dionysiaques qui sont aussi mes beaux Tribaux.

Odieux Tout-Puissant! Je reçois leur énergie gracieuse avec l'émotion d'un père, d'un frère, d'un fils et d'un amant. Sois bénie Notre-Dame-en-Bleu, et vous tous tas de superbes et savants sauvages...

14.3.10

D'Emcée à la Tribu...

C'est dans la cuisine enfumée du Moonshine, assis côte à côte, que Christian et moi terminons la lecture de ce vibrant hommage, écrit par vous, Tribaux. Ses beaux yeux verts affichent son bouleversement. Trop ému en cet instant, il vous reviendra avec sa parole...

21.2.10

Délai


Il aura mis trente ans à sortir, le numéro de la revue Lettres Québécoises que j'attendais depuis mon adolescence, celui avec ma pomme dessus, mais le voilà en librairies, en boutiques, en bibliothèques, papier glacé pourtant tout chaud et tout violet, tout frais chié des rotatives et imprégné de mémoire vive...

14.2.10

Pur et franc...

Je tousse pur à m’en déchirer le poitrail,
À craindre pour ma vie et en geindre la nuit,
Désirer le giron d’un bon Dieu abjuré,
Me dissoudre dans un océan mou de miasmes,
Et par-delà l’emphysème et par-delà l’asthme
Il s’aspire un chaos joyeux d’air étouffant
Chargé d’humeurs jaunâtres et de fiels diaphanes,
Une eau de mère acide, étrangère et profane
Épongée au poumon, bue à pleins alvéoles;
On se noie dans la paix et le noir de son corps,
Un étrange lacet nous étrangle, on s’endort,
Gisant soudain transi en une danse molle.
Tousser pur, tousser franc, s’étouffer en riant,
Entre un futur obscur et un passé brillant…

13.2.10

Moshtarak: un rire absolument contagieux...


Tabarnak. Pauvre petit gars. Se faire tirer dessus par son propre gang, le nôtre.

Tirons-nous donc de là au plus sacrant...

Moonshine...

Pour Emcée, d'abord, et puis pour notre Blue, et pour Venise qui vieillit en beauté aujourd'hui, et pour vous tous beaux tribaux, un poème que j'ai trouvé au fin fond d'une grosse bouteille de bière méchante...

Moonshine

Je songe au son je songe
Au son qui suinte de la nuit
T’aimer t’aimer c’est t’emporter
Ronfler sans que tu ne me tues
Osons l’étreinte de l’ennui :
Ô m’aimes-tu, ô m’aimes-tu?
Je sens ta gorge ampliférée
En exproitation fière et franche,
Tu me donquichottes le manche
Les maillons de la chaîne espèrent
Ne pas devenir les derniers
Ainsi le gland chu du grand chêne
S’écrase en boue de sacrement
De sacrement.

31.1.10

Lady Blue frappe encore...

et me laisse rouge de confusion.

Par ailleurs, l'émission d'hier s'est bien déroulée. On pourra l'écouter , en sélectionnant le début de la deuxième heure.

29.1.10

Créer sous influence

Je participerai demain, samedi 30 janvier, à l'émission de Franco Nuovo Je l'ai vu à la radio, aux environs de 15 heures.

Désolé de me faire si rare ces derniers temps: j'éprouve des difficultés techniques passagères...

21.1.10

Blog'n'roll

L'expression est de Blue. Une malencontreuse manoeuvre m'a fait effacer ma liste à senestre de Liaisons dangereuses. Vais tenter de la reconstituer de mémoire au cours des prochains jours.

18.1.10

17.1.10

Better red than dead, qu'ils disaient.

Mais rouge de honte? Car j'ai le feu au front et le regard au sol en constatant le peu de cas qu'on fait des acquis, des libertés et des noblesses conquises de haute lutte par le sang et la sueur de nos prédécesseurs. L'éloge de la transparence est passé au culte de la fouille dans le cul, inodore, incolore, indolore, invisible, inaudible, intangible et sans saveur. Le gouvernement veut voir ce que vous avez dans le ventre, et vous vous penchez poliment par-devant pour prouver qu'il n'y a rien, là. Rien, que les restes d'un repas gras et un noeud d'angoisse. Rien que le reliquat d'anciens combats livrés pour vous.




Ceux qui renoncent à une liberté fondamentale en échange d’un peu de sécurité temporaire ne méritent ni la sécurité, ni la liberté.



Benjamin Franklin

***

Better red than dead, c'est comme de juste en cyrillique qu'ils le disaient...

Célébration de la parole

Kevin fut enfant de choeur, dans une autre vie, une autre ville sur une autre île que celle-ci, et il m'a dit qu'alors déjà, on euphémisait des funérailles ainsi: Célébration de la parole. Mais ce n'est qu'hier, en l'église Saint-Pierre Claver, que j'ai compris. Le temple empli, nulle place vide sur aucun banc, l'urne contenant la cendre de Bruno Roy sous l'oeil de Dieu franc-maçon peint au plafond, nous avons de treize à quinze heures communié dans le témoignage et la chanson. J'avais dit à Emcée en entrant qu'on aimait cet homme universellement. J'ignorais à quel point c'était vrai. Outre sa famille fondée dans la chair et sa famille littéraire, il y avait sa famille de vieux fuckés orphelins et sa famille politique et sa famille musicale et sa famille pacifiste et sa famille scholastique, il y avait sa parole célébrée par les paroles des célébrants, c'était beau et rassembleur, et c'est tout ce que j'ai à dire là-dessus...

13.1.10

Mammifères




Lancement hier du dernier album de Moran. Le Verre Bouteille, bourré à craqueler les fondations, chaud dedans et froid dehors comme un pain fumant sorti du four, vibrait d'accents neufs.

Jean-François a livré quatre titres. Ses mots ont la précision d'une horloge atomique, sa voix cendrée sert des mélodies toniques et Mammifères, l'album entier, constitue un riche ensemble de propositions poétiques et musicales d'une rare cohésion, reflétant l'intégrité de l'artiste.

Comme je l'avais fait sur Tabac, j'y signe un texte: Toujours encore...

6.1.10

Bruno Roy


Je fais 1m85, 112 kg, et j'ai 45 ans. Il était le dernier à pouvoir me serrer dans ses bras d'ours et me faire me sentir comme un petit frère aimé. Je l'ai connu, j'avais douze ans. Il enseignait aux classes supérieures, Collège Mont-Saint-Louis, celles et ceux qui portaient des costards bleus; moi, j'étais vêtu de vert. Quand il entrait dans la cafétéria, à l'heure du midi, ses élèves se massaient autour de lui, et je m'approchais doucement derrière leur cercle...

J'étais avec Emcée, la dernière fois, en novembre au Salon du Livre, quand il s'est levé et est venu m'étreindre. En repartant, elle m'a dit qu'il semblait radieux et heureux de me voir. J'étais content. Je l'aimais tant.

PatLag vient de m'apprendre son décès, et je suis trop frappé pour parler maintenant de toutes les années d'amitié qui séparent notre première rencontre de la dernière. Je veux me recueillir, me recroqueviller, et signaler sa mémoire.

Je me propose donc plutôt de republier ces billets du 14 septembre 2008, plus éloquents que je ne saurais l'être à cette heure:

Y a des Boomers que j'haïs pas. Y en a même une couple que j'aime.

suivi de:

Quand la pédagogie n'est pas une science, mais un humanisme


Bruno Roy... (1943-2010)
(Photo: Jacques Grenier, Le Devoir)