2.3.11

Les pillés atterrés

Elle m'a laissé la version richement reliée d'un roman qu'elle me recommandait depuis longtemps, conservant pour sa part une édition de poche. Nous devions, paraissait-il, les lire de concert. Ce n'étaient que mensonges et remises à plus tard. Mais le roman est bon, fulgurant et plein d'excitation: s'y trouvent une supposée sorcière aimant mieux l'idée de la mort que celle d'abandonner l'homme auquel elle s'est consacrée, et une soi-disant noble dame disposée à se livrer sans amour aux sévices de l'argent, de la sécurité, de la reproduction et de la souveraine raison.

J'en ai quasiment lu la moitié.

6 commentaires:

helenablue a dit...

Il me semble que la supposée sorcière et la soi-disant noble dame n'en font qu'une, ce genre de roman est légion et détruit les passions même s'il est bon, fulgurant et plein d'excitation, et souvent le reflet d'une réalité amère, ce n'est pas facile de prendre le risque d'aimer, ça nous vient de l'enfance...

Mistral a dit...

Maybe. Maybe. Mais quand on l'a pris,ce risque difficile, on l'assume, on le vit, sinon c'est pas un risque, et c'est pas de l'amour.

helenablue a dit...

"J'avoue" comme mon dit mon fils chaque fois qu'il est d'accord! Une nouvelle sorte de manière bien étrange de le dire d'ailleurs, il va me falloir lui demander ce qu'il avoue donc!

Oui, quand on a pris ce risque on l'assume, on le vit; le problème je crois vient d'ailleurs, plus en profondeur, de plus loin. L'amour est un révélateur, il agit en miroir et là ce n'est plus l'amour de l'autre qu'on a à assumer c'est l'amour de soi-même... Et c'est une autre histoire...

Mistral a dit...

Me dis pas que c'est aussi comme ça chez toi?

Quand mon fils, y a dix ans, me sortait ce «J'avoue» voulant dire «Je suis d'accord» ou «Tu as raison» ou quelque chose entre les deux, je lui faisais des scènes, mais des scènes! Je l'ai tant sermonné sur la Gestapo et 1984 et Abu Graïb et Galilée et l'Histoire de l'aveu en général qu'il a fini par avouer que j'étais dans le vrai, et depuis je ne l'ai plus revu, mais on se parle et on s'écrit à l'occasion et le petit enfant de Païen n'avoue plus rien à qui que ce soit.

Mon gars. Éduqué par moi. Héhé...

helenablue a dit...

Ouep! pas pu m'empêcher d'en parler au déjeuner. Aujourd'hui j'en avais encore deux à la table, et j'ai remué le 'j'avoue'! Il a sorti le dictionnaire et avouer c'est reconnaître avec difficulté, et il m'a dit derechef:
- Ben là maman, j'avoue!
- Quoi?
- Que je n'utilise pas ce mot à bon escient.
- Hum, pourquoi tu dis pas j'acquiesce, par exemple ( pour pas dire "genre" tout aussi employé dans leur langage)?
- J'acquiesce, de quoi j'aurais l'air?
- :-)
- Maman! t'es insupportable!
- J'avoue!!! :-))

Mistral a dit...

Reconnaître avec difficulté, exactement! Mais difficulté pour qui? Certes, c'est pas jojo pour le torturé, mais le tortionnaire non plus n'est pas syndiqué, parfois il aurait mieux à faire qu'extirper un aveu à une tête dure qui veut rien reconnaître!