13.2.09

Fumet de soupe: avant-goût

Ce qui suit, comme tout ce qui suivra, est à considérer dans le contexte de la transition vers le tome III. Il s'agit de la reproduction quasiment in extenso d'une lettre privée adressée tout récemment à quelqu'un que je ne nommerai pas. Presque texto, donc, puisque j'ai gommé les quelques mots qui sont soit de nature personnelle et sans rapport avec mon propos ici, soit de nature à identifier le destinataire. Or, je n'ai pas obtenu son imprimatur (peut-être parce que je ne l'ai pas sollicité, à bien y penser), en fait je n'ai reçu aucune réponse, ce qui ne me trouble pas outre mesure, vu que la lettre n'en appelle aucune et qu'elle expose clairement son but (écrire à quelqu'un qui sait lire, parler à quelqu'un qui sait écouter, expliquer à quelqu'un qui sait comprendre), et que le connaissant il va me répondre anyway, en prenant son sweet time.

Ce n'est tout de même pas sans tiraillements que je reproduis une communication destinée d'abord à une seule personne, mais vaille que vaille, je constate qu'elle contient un gros morceau de l'os à moelle mijotant dans la soupe annoncée, une chunk de la substance que je veux vous livrer et que je ne peux paraphraser ni exprimer autrement sans l'abâtardir.

Mise en perspective: on n'a pas communiqué depuis des années, il vient d'apprendre que je le cherche, il se manifeste en précisant s'éloigner des Choses de la littérature (je viens seulement de remarquer la majuscule et je regrette de n'en avoir pas tenu compte dans ma réponse), il me prévient qu'il est possiblement pas très parlable et il m'invite à lui écrire quand même...



Cibole, pourquoi tu penses que je t'écris... Les choses de la littérature, s'il n'y avait qu'elles, mais les choses en général qui constituaient encore une manière de réalité sensée dans laquelle je pouvais espérer survivre se débinent si vite que je suis fort étourdi.

Or, relisant un vieux livre de toi (passage supprimé), je me suis à nouveau résolu malgré moi à convenir que tu es l'un des trois ou quatre hommes les plus sensés que j'ai connus. Me suis demandé si t'étais mort, ou pire. Me suis dit que si t'étais ni mort ni pire, je t'écrirais un mot. Ça me fait du bien, de recevoir le tien en retour.

Pas nécessairement très parlable, héhé. Le monde a pas idée, sauf tes proches sans doute, à quel point t'es farceur. On s'est jamais, jamais jasé tant soit peu sans que tu m'en sortes une comme ça, et j'ai jamais manqué de rire, et ça t'a toujours fait plaisir, de pas causer avec un con et de pas passer pour un monstre cynique et blasé.

Je ne suis pas une chose de la littérature, tu sais, pas plus que toi. Il se trouve que nos intérêts communs nous ont mis en présence, c'est naturel, mais c'est à un homme sensé que je voulais parler: de critique sensé, j'en ai jamais rencontré :-)

Chu ben découragé. L'information, l'instruction, la création et la réflexion ne seront plus utiles sous la forme que nous leur connaissons, bref il faut renoncer à ce que nous considérons comme notre civilisation, elle est morte je crois bien avant ta naissance, probablement avec la Grande Guerre. Ce n'est pas un courant temporaire, c'est au moins aussi décisif que le Moyen-Âge qui dura mille ans et oublia presque tout l'héritage amassé. Je sais pas. À l'échelle de l'aventure humaine, mille ans c'est peu, et sans doute fallait-il brûler la bibliothèque d'Alexandrie et des Juifs et des Hérétiques et des Templiers et des sorcières et brûler brûler encore pour que survienne la Renaissance, qu'on se lance sur les mers et qu'on commerce en grande, qu'on découvre l'Amérique et l'imprimerie et la gravitation universelle, et que Descartes puisse venir, pour qu'on aille sur la Lune, c'est la grandeur de notre espèce d'aller ailleurs, d'être insatisfaite, mais il est irréversible le fléau d'ignorance qui accompagne notre Génie scientifique, ce n'est pas la bombe atomique qu'il fallait craindre, en fin de compte, c'était l'aisance et la prospérité, la liberté si brusquement revendiquée et obtenue et partagée en abondance comme un butin d'artefacts égyptiens millénaires entre un gang de pilleurs de tombes illettrés et modernes qui se torchent avec les papyrus et vont vendre les cossins de chrysocale aux touristes autrichiens. Quand (noms supprimés) vendent (supprimé) à (supprimé), ce n'est qu'un symptôme qui sera suivi par cinquante d'ici cinq ans: toutes les maisons que tu as connues partiront en fumée parce qu'aucune relève n'aura été souhaitée, encore moins formée, on en viendra à estimer Michel Brûlé, il sera le seul contrepoids aux cartels. Les enseignants de mon âge sont déjà ignorants de façon irréparable et ceux qu'ils ont formés sont tarés sans espoir, sans espoir et sans soucis, et il en va ainsi de tous, ceux qui gouverneront et ceux qui feront des sous et ceux qui soigneront et ceux qui informeront et ceux qui défendront et ceux qui feront physique ou chimie: il n'y a pas de conspiration, j'aimerais tant le faire comprendre à mon fils et mes amis journalistes ou chercheurs, pas de gouvernement secret de décideurs occultes tirant les ficelles, il n'y a que nous, nous tous, bourreaux les uns des autres, nous qui sommes la fin de l'expérience Homo Sapiens, et ne pourrions-nous pas céder la scène avec un modicum de dignité, au lieu d'attendre que notre sort imite celui des dinosaures, ne pourrions-nous au moins nourrir un courant de pensée à travers les quelques dizaines ou centaines d'années qui nous restent, un courant qui prônerait non pas le repentir apocalyptique mais la contemplation de ce que nous fûmes, la considération de ce que nous voulions être et la passion de trouver où et quand on a merdé entre les deux. En mettant l'accent sur nos réussites et nos forces, pas seulement sur nos failles rédhibitoires, et en identifiant ce qui en nous garantissait l'échec: ce serait, à n'en pas douter, ce qui nous assura aussi de tels triomphes sur plus fort et plus implacable que nous, le hasard ou la nature ou notre propre nature destroy par exemple; on découvrirait peut-être que la gestation humaine et le temps que met ensuite l'enfant d'homme à mûrir est trop long eu égard à sa sensibilité et la façon dont se développe son cerveau: il reste un enfant toute sa vie, terrifié, religieux, voulant plaire à ses père et mère et mimant la maturité devant ses fils et ses filles et la virilité devant sa femme et feignant parmi ses pairs de ne pas douter un instant qu'il mérite sa place parmi eux, mentant toute sa vie, que ce soit à la chasse au mammouth ou au Gala de l'ADISQ, adhérant à des dogmes qui jamais ne le secourent aux creux des crises, qui sont le décalogue ou le code d'Hammurabi ou la Constitution des États-Unis ou l'Oeuvre de Jean-Paul Sartre ou les paroles de son grand-père, un enfant dans un corps d'homme, toujours, et se croyant le seul, comme l'ado qui checke furtivement les bites des autres gars durant la douche après l'éducation physique en se demandant s'il est dans la norme et sans se douter que tous les autres font pareil.

J'en ai assez. Assez de la littérature, c'est peu dire. Assez.

(paragraphe personnel supprimé)

31 commentaires:

Franz Schürch a dit...

Enfin!

Mistral a dit...

Tu fais dans le succint en vieillissant. J'ai ri, puis mon sourire s'est effacé, héhé...

Franz Schürch a dit...

C'était pourtant un encouragement sans arrière pensée. J'essaie, normalement, de ne pas avoir la fatuité d'exprimer mon aprobation, mais ce texte m'a, comment dire, rappelé des Choses. Et moi qui suis si sentimental...

Franz Schürch a dit...

Corrige donc les fautes, toi qui modère. c'est insupportable de voir ça comme ça sans pouvoir y toucher.

Mistral a dit...

J'ai souri paske je souris réflexe en voyant ton nom et que j'ai en effet présumé approbation et humour, puis mon sourire s'est effacé paske j'ai eu une second thought conforme à mon tempérament et mon expérience et mon intelligence du monde: je vois le beau, ensuite je me demande si j'ai bien pigé et je songe aux autres possibilités moins belles. Là, j'ai décidé de me fonder sur ce que je sais avec certitude même si c'est ancien, soit les cent gestes par lesquels tu m'avais montré ta moitié de notre amitié, et j'ai donc parié que tu en ferais autant.

Mon sourire est revenu. Y avait que toi pour traduire mon commentaire par «Élabore, c'est trop court je comprends rien j'erre et j'imagine, t'es vieux, j'ai peur que tu sois somme toute en train de me blesser si tu te réjouis que la littérature me sature enfin, mais comme je me raisonne en me disant que c'est peu probable je conclus avec héhé pis des points de suspension que tu sauras reconnaître comme un point d'interrogation crypté».

Astheure, le monde va se figurer que c'est toi, le destinataire masqué. J'ai peut-être trop retenu d'indices.

Tsé, je t'ai qualifié de bien des choses, toutes grandioses, mais jamais de sensé au superlatif. Si tu as pu le penser, ça ne ferait que confirmer que j'ai bien fait. Les gens sensés ne deviennent pas mon meilleur ami à vingt ans et n'engueulent pas un juge qui vient de me condamner, héhé.

Mistral a dit...

Les fautes: tu parles des tiennes, j'espère. Je modère, mais n'ai pas la capacité de modifier ton texte. Toi, par contre, tu peux le refaire, d'où tu es. Et m'écrire en privé de supprimer le premier. I do it all the time. Amateur:-)

Franz Schürch a dit...

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles ton sourire aurait pu s'effacer. Celles auxquelles j'ai pensé n'étaient pas celles que tu crois. Je n'essayais pas d'élaborer. J'essayais juste d'être poli, ce qui implique souvent de continuer la conversation même lorsqu'on n'a rien à ajouter. C'est une erreur littéraire bien sûr, mais comme on parlait d'en avoir assez de la littérature. Enfin, pour répéter ce mot auquel je tiens, puisqu'à chaque fois que j'essaie de te faire une politesse tu te fâches ou m'insultes, j'apprendrai peut-être un jour à renoncer à mes manières.

Mistral a dit...

Yo! Que racontes-tu là? C'est moi qui sait pus écrire ou quoi? Y a pas un mot destiné à t'insulter ni un mot fâché là-haut, Franz! Que de la complicité et de la bonne humeur, du moins c'ÉTAIT L'INTENTION!

Franz Schürch a dit...

Je relis ton long commentaire et finis par y comprendre que tu considères l'hypothèse selon laquelle non seulement les précieux lecteurs de ton blogue, mais moi aussi, aient pu croire que la lettre m'était adressée. Me prends-tu vraiment pour un débile?

Franz Schürch a dit...

O.K. J'suis peut-être mieux d'aller m'coucher. Bonne nuit.

Mistral a dit...

Te l'ai dit, tu vieillis, hihi!

Bonne nuit, Franzi.

gaétan a dit...

Vous avez raison. L'os à soupe a complètement disparu de la préparation du bouillon. Rarement, quand je vais chez le boucher, j'entends quelqu'un en demander. En garde-t-il seulement encore sous son étal ou dans l'arrière-boutique... Aujourd'hui les soupes sont faites de glutamate et à la va-vite. Sont vendues dans les grandes surfaces juste au côté du rayon des livres.
Reste encore des vieux comme moi qui, le samedi ou le dimanche après-midi, après avoir récupéré l'os de jambon, tente d'imiter les grands chefs avec sa soupe au ''barley''.

Mistral a dit...

C'est du gaspille, GeeBee. Le barley devrait aller dans ton alambic, mais t'es trop jeune pour en avoir un et savoir t'en servir. La Chunky Soup de Campbell est à pleurer de bonheur: pas chère, variée, pas grasse mais chunky, des chunks grosses de même, moé je la fais même pas chauffer, c'est de la soupe de gars de chantier, la cuiller tient deboute dedans, c'est pas mêlant.

Bast a dit...

Visant le noir, vous avez tué le blanc : blanc-seing pour une réflexion sur la vacuité de ma démarche, de ma débandade. Je dé-marche jusqu'à vous en vous témoignant sans arrière-monde et sans arrière-pensée mes sentiments les meilleurs. Vos mots valent, chrysostome, pour moi, les oracles que notre civilisation n'entend plus la Pythie baragouiner. Pity... Et mes hommages indécemment déposés au pied de ce message épistolaire qui semble clore un cycle dans votre présence internautique.

Mistral a dit...

Wrong, dude. On aura besoin de toi ici, pour parler du début de la fin. Le tome III ne sera pas déprimant sauf pour les caves et les cavettes qui craignent l'ombre du soupçon de leur propre regard dans le miroir. Nous autres, on va au contraire se réconforter sans se conter de menteries, juste en étant pas tout seuls à freaker...

gaétan a dit...

Ouais ça dépanne la soupe de gars de chantier. Mangé ma part de klic pis de kam, pis les bouteilles de jus fbi que j'm'amusais à laisser sur le cadre de chassis pis qu'y prenait une couleur psychédélique après 2-3 jours au soleil. Y goûtait bon pareil. Sauf que des fois, ça fait plaisir de manger mignon. lyes. Bon je r'tourne passé l'aspirateur. C'est dans mon contrat.

Mistral a dit...

En semaine, GeeBee's a bum qui vient triper par ici avec ses chums, mais le samedi GeeBee file doux en mozusse pis le tapis est propre, faque le samedi de la Saint-Valentin pas besoin de vous dire que même le plafond va shiner. C'est comme ça qu'il est resté heureux et marié toutes ces années et qu'il peut rassembler toute sa famille, enfants et petits-enfants, au temps des Fêtes.

Y a les avorteurs aussi qui retournent passer l'aspirateur, mais sont débordés d'ouvrage après la Saint-Valentin, pas pendant.

gaétan a dit...

Je ne peux nier mes traits de baby-boomer mais jamais entrerait dans MA maison une germaine ou une line-la-pas-fine quant au reste j'ai accepté que la vie de couple en est une de compromis. Pis aujourd'hui ben ma femme est partie s'occuper de jeunes mongols à batterie qui se croient tout permis et à qui il est défendu de dire ta gueule à leur impolitesse arrogante sous peine de mesure disciplinaire. Vous avez raison: on a merdé quelque part entre la strappe d'Aurore l'enfant martyr et Jonathan l'enfant-roi.

Mistral a dit...

GeeBee, buddy, t'as oublié un ti-boutte juste là, proche la patte drette du chesterfield, checke on le voé ek la lumière du soleil astheure, c'est gros comme un dix cents de poussière, tu le voé tu? Paske elle a va le voère pis a va voulouère savouère pourquoi c'est que c'est que t'as salopé l'ouvrage, pis tu vas y dire que c'est ma faute, qu'il fallait que tu m'expliques l'art du compromis conjugal et comment pas se faire runner par une germaine dans SA maison et bref tu vas en manger une crisse et ça me passera sur le dos.

Go, go. Va passer ta balayeuse. La destinée la rose aux bois. «Mais c'est l'affaire des filles de balier la maison!» Oué. Pas mal sûr.

swan_pr a dit...

c'est bouleversant, touchant, troublant, ces mots. de ce que ça révèle de toi, mais aussi la justesse de ton regard sur l'homme, et tout ce scénario, c'est enivrant de possibilités et d'espoir, malgré tout.

tu m'as beaucoup inspirée ces derniers jours, et je t'en remercie.

bonne journée
xx

Mistral a dit...

Merci, sweet Swan. J'avais besoin d'une shot de même, j'cré. Ça fait du bien.

gaétan a dit...

Lyes.
Y a pas que la soupe qui est bonne ici. Me sens privilégié de lire des textes comme celui d'aujourd'hui.
Bons succès pour la suite des choses moé j'm'en eurtourne frotter.

Mistral a dit...

Tsé, GeeBee... Je le passerais deux trois fois par jour l'aspirateur même les années bissextiles si ça me permettait le quart d'une vie réussie comme la tienne. J'ai pas vu ma femme depuis 26 ans, mon fils a filé avec mon argent, mes soeurs me parlent pus, mon père m'a regardé de loin une fois quand j'avais dix ans et je l'ai su la semaine passée, autrement je l'ai jamais connu, pis mes amis sont toute une gang de génies du Plateau dans la Clique, pis ma blonde vient pus coucher ek moé paske son mari a de la peine, pis ça c'est rien que le résumé, juste le temps de le raconter j'aurais pu aspirer la couleur du tapis, christie.

Bon, j'ai vacuum cleané une drôle de ligne blanche aboutie ché pas comment sur mon bureau, ek une paille pis du poumon power pis du pif, snif j'ai fait le ménage, est-ce que je m'en vante sur ton blog?

Pis on m'enquiquine dans les collèges pour connaître la source de mon inspiration, et à quoi aspirez-vous dorénavant, et coca-çi et coca-là. YO! Dude, vlà les boeufs, awaye awaye, flushe le stash hostie!!!

helenablue a dit...

Absolument plus que vrai , je trouve cet appel plein de promesses , ne pas toujours se présenter en martyre et faire la part des choses , le temps que met l'enfant à mûrir , indépendant de notre volonté , ces neuf mois de gestation qui façonne nos peurs et nos angoisses de vie , et que l'on met parfois plus qu'une vie à en découdre , et parce qu'il faut plaire coûte que coûte , et que c'est imprimé en nous , pour survivre , et que dés que l'on fait autrement , ou parce que l'on a souffert davantage , ou parce que l'on a pu se rendre compte si tôt ou parce que l'on se découvre dans la vie , qui enfin s'ouvre à nous ...

Vouloir coller à ce qu'il est de bon ton d'être , ou pire encore à ce que l'on attend de vous , du moins à l'idée que l'on se fait de ce que l'on attend de nous ...

Je reste malgré tout , et sans doute je ne convaincrais personne puisque je ne cherche pas d'aval , que c'est possible , oui , sans doute on pourrait me dire , tu veux y croire parceque tu en as besoin , c'est pas faux , je veux croire en l'humanité , en cette capacité qu'à l'humain de s'ouvrir à l'autre même si cela doit lui mettre les nerfs et les neurones à vif , je crois en l'intelligence du coeur !

Je suis découragée souvent , et je désespére parfois des mots , de la poésie et de l'art , dans mes grands moments de doute , pourtant là , malgré ma défaillance et mes faiblesses récurentes , je dis , et bien c'est pas franchement le moment de baisser les bras !
Il y a du pain sur la planche , et puis il faut se nourrir ...

Ici , on peut ...

Mistral a dit...

Ça, c'est notre Blue.

Éprouvée, fatiguée, maganée, déprimée, angoissée, pis willing anyway de continuer à jouer la game heavy au lieu de se retrancher derrière la barricade de son blog. Our Blue. I love her. Du pain sur la planche indeed. Pis la soupe qui fume. Pis le sketch qui passe à l'instant à 3600 secondes d'extase et ne pourrait mieux tomber: on y voit passer l'ombre de Michel Tremblay, héhéhé.

s.gordon a dit...

Ça prend du bras pis ben du vouloir pour ouvrir une Chunky soup ak un can opener. Pis là, j'parle pas du modèle fastoche rouge et blanc en plastique mais bien de la chose déglinguée, en métal, qui se trouve dans tout bon fond de tiroir à cochonneries et qui fait blanchir les jointures à force de trop forcer. Quand on a faim, can opener ou pas, on finit par l'ouvrir.

Mistral a dit...

Wéyons donc, Sandy Baby (pis merci de me donner l'occasion de vanter à nouveau ce produit vraiment tripant qui outre la bière est la seule affaire que j'achète volontiers chez les Chinois en bas 33% plus cher que dans une épicerie civilisée comme celle des Arabes deux rues plus haut ils ont rien mais c'est pas cher et ils sont toujours ouverts), la canne de Chunky Soup s'ouvre comme une cannette de bière en plus facile, la patente qui se tire tsé vers en haut swiiiishhh! pis qu'on crisse dans rue si on est dehors ou ailleurs si on l'est pas, ben elle est ENFIN faite pour des doigts d'hommes, même ceux qui se rongent les ongles depuis 1966, pas besoin de glisser un tiers cossin entre la patente et le couvert pour slaquer la patente, pis comme c'est de la soupe et pas de la Molson Export le couvert vient avec au complet, tu peux même le licher sans risquer la vilaine coupure, et la satisfaction qu'on éprouve justement à décaper ce gros top de tôle d'un seul gracieux jupitérien flip de l'index, comme on est fasciné enfant par l'épopée défendue de s'arracher une gale grosse comme un trente sous du coude ou du genou et quand on pogne un coup de soleil et qu'on peut s'éplucher l'épiderme en souples et plastiques pelures pâles blanches argentées roses comme écorce de bouleau, anyway je pense aussi que la pièce de Victor Lanoux «L'ouvre-boîte» a pris un méchant coup de vieux...

Maphto a dit...

« Les enseignants de mon âge sont déjà ignorants de façon irréparable et ceux qu'ils ont formés sont tarés sans espoir, sans espoir et sans soucis ». C'est assez direct comme énoncé ! Mais pourquoi considères-tu ces enseignants comme des « ignorants de façon irréparable » ?

gaétan a dit...

Ha ben! Je n'ouvrirai jamais plus ma chunky chaudrée de palourdes avec plus-de-patates-que-de-palourdes-dedans avec indifférence maintenant.

Flash Gordon a dit...

Comme j'arrive après tout le monde, je me sens décalé, tout ce que je peux dire de plus, c'est que j'aime bien ce fumet, pis j'aime la soupe,est-ce qu'il en reste? en tout cas je vais continuer de venir la savourer à mon rythme... Tanné de la littérature? Une question s'impose dans l'affirmative, le tome III de Vacuum, ça va être juste d'la soupe?

LeRoy K. May. a dit...

welcome back man, je sentais que tu t'égarais dans les dernier mois, mais que pouvais-je y faire? euh-rien.

ce post nous rappelle celui que tu es, et celui qu'on aime lire.

merdre pour le vacuum 3, dans un cinéma près de chez vous.