29.8.12

Pour ben du monde, trop pour fitter dans le titre: Richard et les yankees.

Pour ce vieux Butch, ce sauvage du désespoir, qui prend les choses tellement à coeur et qui en a tant sur le coeur, et pour ce vieux Mac qui nous a saisi le coeur collectif un battement suspendu chacun puis la chamade alors que le sien si ample a failli oublier son boulot, pour Hamelin le lynx, Lamanque la panthère et Natier la femme-hibou, pour Vigneault le jeune et pour Vigneau le vieux, pour mon fils et pour Souhaïl et pour Charest et Marois et Legault et pour Caza et Danger et Terrible et monsieur Kim et Amir et la candidate moustachue et Martineau et Duchesneau et Parizeau et PKP et vous autres Tribaux dont vous savez que si je vous nommais tous on aurait l'air sectaires, pour tout le monde dans le monde, y compris les braves pitounes au Togo qui vont faire la grève du cul sept jours de temps pour renverser un régime corrompu, pour tout mon peuple humain qui est le tien comme le mien sauf les métèques à l'étage au-dessous ceux-là ont l'air louche et pis peut-être mon ex-belle-mère et tant qu'à y être BHL mais sinon c'est pour tout le monde, à une semaine des élections ici, à guère davantage avant des élections ailleurs, que le vote soit exprimé à la mine d'un crayon ou à la fleur d'un fusil.






N.B. Il s'agira ci-dessous d'un copier-coller sous toutes réserves d'une transcription trouvée sur l'internet et transmultipliée par mille à l'identique, ce qui n'en garantit aucunement l'authenticité, ainsi que je suis tristement bien placé pour le savoir.

À deux endroits, je doute que ce soit bien ce que Richard chante, ait écrit, mais entre l'appeler à l'aube pour vérifier et courir le risque de reproduire des fautes, j'ai choisi de choisir, euh, ben, dans le milieu, c'est-à-dire de couvrir mes couilles en rédigeant cette notice. On n'appelle pas Desjardins le matin pour lui demander si la nuit dort dans un verseau ou un berceau, genre. D'un autre côté, on ne lui attribue pas des mots qui ne seraient pas les siens sans un modicum de précaution, enfin pas moi, j'aurais l'air con, sinon, à notre prochain tournoi de bowling-bénéfice pour le PPDA (Parti Pour le Droit d'Auteur, à l'intention des béotiens qui le savent pas).

CM



Les yankees

Richard Desjardins

La nuit dormait dans son verseau,
les chèvres buvaient au rio
nous allions au hasard,
et nous vivions encore plus fort
malgré le frette et les barbares.

Nous savions qu´un jour ils viendraient,
à grands coups d´axes, à coups de taxes
nous traverser le corps de bord en bord,
nous les derniers humains de la terre.

Le vieux Achille a dit:
"À soir c´est un peu trop tranquille.
Amis, laissez-moi faire le guet.
Allez! Dormez en paix!"

Ce n´est pas le bruit du tonnerre
ni la rumeur de la rivière
mais le galop
de milliers de chevaux en course
dans l´œil du guetteur.

Et tout ce monde sous la toile
qui dort dans la profondeur:
"Réveillez-vous!
V´là les Yankees, v´là les Yankees
Easy come, Wisigoths,
V´là les Gringos!

Ils traversèrent la clairière
et disposèrent leurs jouets de fer.
L´un d´entre eux loadé de guns
s´avance et pogne
le mégaphone.

"Nous venons de la part du Big Control,
son laser vibre dans le pôle,
nous avons tout tout tout conquis
jusqu´à la glace des galaxies

Le président m´a commandé
de pacifier le monde entier
Nous venons en amis.

Maint´nant assez de discussion
et signez-moi la reddition
car bien avant la nuit,
nous regagnons la Virginie!"

V´là les Yankees, v´là les Yankees
Easy come, Wisigoths,
V´là les Gringos!

"Alors je compte jusqu´à trois
et toutes vos filles pour nos soldats
Le grain, le chien et l´uranium,
l´opium et le chant de l´ancien,
tout désormais nous appartient
et pour que tous aient bien compris,
je compterai deux fois
et pour les news d´la CNN:
Tell me my friend,
qui est le chef ici?
Et qu´il se lève!
Et le soleil se leva.

Hey Gringo! Escucha me, Gringo!
Nous avons traversé des continents,
des océans sans fin
sur des radeaux tressés de rêves
et nous voici devant vivants, fils de soleil éblouissant
la vie dans le reflet d´un glaive

America, America.
Ton dragon fou s´ennuie
amène-le que je l´achève.
Caligula, ses légionnaires,
ton président, ses millionnaires
sont pendus au bout de nos lèvres.

Gringo! t´auras rien de nous
De ma mémoire de titan,
mémoire de ´tit enfant:
Ça fait longtemps que je t´attends.
Gringo! Va-t-en! Va-t-en
Allez Gringo! Que Dieu te blesse!

La nuit dormait dans son verseau,
les chèvres buvaient au rio,
nous allions au hasard
et nous vivions encore plus fort
malgré le frette et les barbares.

11 commentaires:

Guillaume Lajeunesse a dit...

Plume virile, lucide et originale. J'aimerais écrire des chansons comme ça. Je fonds doublement : de jalousie et de rêve.

Mistral a dit...

Va te faire mettre, Vieux G. Y a pas moyen de publier un comm chez toi? Alors puisque tu Masticotes, je le ferai ici:


Y était crissement temps, Vieux G. Le soir de ta fête, Julie

voulait t'offrir davantage que la surprise et l'inspiration de

ma présence physique (qui risquaient d'y coûter cher en

poutine): elle souhaitait qu'un transfert de force littéraire

se fasse entre un écrivain qui n'y croit plus guère et un

autre qui y croit presque. C'était une grosse commande.

Impossible à remplir, mais ça, tu le sauras quand ton tour

viendra. My point is: quand t'as commencé à raconter ta plus

récente lubie about fast typing, j'avais le choix entre deux

affaires à répondre. L'histoire du logiciel imitant le

crépitement d'une Underwood, ou l'autre histoire, qui va

suivre.

J'ai choisi la première, as you know, et t'ai envoyé un lien

vers le logiciel par la suite. Fallait que tu te purges.

T'étais pas prêt pour l'autre histoire, but now you are.

Truman Capote famously said about Kerouac's work, "That's not

writing, it's typing".

C'est ça, l'autre histoire. What does it mean? You decide. I'm

still not sure myself after thirty years of wondering. One

thing I am sure of, though: only a writer would wonder about

that.

Et seul un écrivain taperait un texte comme le tien sur le

début, le milieu et la fin de son obsession passagère pour la

dactylo: Forrest Gump courant depuis l'Alabama jusqu'au

Pacifique puis tournant les talons et courant jusqu'à

l'Atlantique, and back, and so on and so forth (3 years, 2

months, 14 days and 16 hours, give or take a few minutes):

quand il a fini, il arrête, au beau milieu du désert, n'est-ce

pas merveilleux? Et quand tous ces connards qui courent

derrière lui demandent une parole de prophète sur le sens du

jogging, il a ces mots: "I just felt like running".

You just felt like typing.

Mistral a dit...

C'est-tu tapé assez fastoche à ton goût? Pis je l'ai fait avec un index dans le cul, kid.

Guillaume Lajeunesse a dit...

Rapide en chien !

OK, j'écris à Google. J'ai vérifié tous mes paramètres Blogger, il n'y a absolument aucune raison pour que tu ne puisses pas laisser de commentaires.

Tu y crois à l'écriture. J'en suis certain. Je sais qu'à la lecture de ces mots, tu dois te cambrer et te dire : «Y comprend rien, le jeunot, il n'a pas parcouru 0,000001% du chemin que j'ai fait. Qu'il me crisse donc la paix si je ne veux plus écrire ou si je juge que ça s'est complexifié au niveau où j'en suis». C'est vrai, c'est bon, je comprends. Et c'est sûr que tu as certainement des raisons d'être déçu... Mais si Jésus avait dit à ses apôtres qu'il n'aimait plus faire des miracles, moi, l'apôtre, j'aurais craché mon vin en explosant de rire.

T'as un blogue littéraire qui est un phare, — soit dit en passant j'aime beaucoup ce billet, et le commentaire chez Blue — et tu te passionnes encore pour la littérature, pour les auteurs multiples de la blogosphère.

Mets-toi à ma place : si t'avais mon âge, et que tu rencontrais un écrivain dont les mots percent la page, que lui aurais-tu dit ? Ça me fait chier de te le dire, ça te fait chier que je te le dise, mais il fallait que quelqu'un le dise. Quand tu te passes la soie dentaire, le petit couic couic est déjà un plus vibrant poème que ce que savent éructer les masses informes se targuant de savoir écrire des poèmes.

Ceci dit, j'y crois, j'y crois violemment au dessein d'écrivain, même si je semble être indolent. Le problème, c'est que j'ai été miraculeusement flou. Mon blogue est un mauvais patchwork de naïveté et du sentiment d'attente. Mais ce n'est que façade. Je ne rêve qu'à ça. Et, évidemment, je plonge les mains dans les viscères du projet aussi. L'autre problème, c'est que je m'étais creusé une tombe avant de commencer. Je ne te niaise pas, j'ai au moins vingt romans de prévus, j'ai des milliers de notes d'accumulées. (Écrivain, je crois que c'est une maladie mentale...) Les poutres de mes fondations me sont tombées dessus. Fraîchement dégagé, j'écris à présent sans trop me prendre la tête.

Merci pour l'histoire au sujet de Forrest Gump !

Je tente justement d'épurer ma vie de toutes ces lubies, du moins celles qui me sucent tout mon temps, afin de me consacrer à l'obsession la plus belle : l'écriture.

J'aurais envie de te dire : tchin! à la plus belle maladie mentale!

Mistral a dit...

À propos d'écrire des chansons comme ça: don't even try, à moins de les chanter toi-même. Qui a osé la reprendre, d'ailleurs? Y a trois chansons là-dedans, c'est une pièce en trois actes, et l'ensemble est si subversif qu'aucun interprète n'y toucherait avec le bout d'une canne à pêche et un masque d'hôpital, s'il s'agissait d'en assumer la création originale.

Si tu veux avoir une idée de ce dont je parle, il reste ici et là en ligne quelques tounes de Mac. T'en trouveras aucune que quiconque fors son auteur aurait chantée. Desjardins, c'était pareil.

Si seulement je pouvais chanter, entendre la musique, mes chansons seraient si tellement meilleures, si tellement plus personnelles, si tellement plus vraies. Mes chansons, mais pas mes paroles de chansons. Écrire et chanter, c'est pas pareil, pas le même métier, et s'il faut encore composer avec le facteur composition, alors là, on n'est pas sorti du bois.

Better stick to your own genius, I always say (à Mac, for instance, qui chante comme un cruchon des chansons anarcho-trotskystes de sa composition, mais qui torche une mean guitare et charismatise le monde no matter what is the mood or the place, as soon as he gets in the mood, in that place, you know? Il a fini par se trouver un sideline: écrivain génial; pas payant mais pas sans sa portion de gratification).

Plume virile, lucide et originale? So cuuuute! Pour ta fête l'année prochaine, j'ai déjà trouvé ton cadeau. T'auras la réaction manuscrite du Big Dick lui-même, héhé. Pas encadrée mais don't worry, il écrit petit.

Danger Ranger a dit...

Merci!

À l'occasion du 200e de la guerre de 1812... [http://en.wikipedia.org/wiki/War_of_1812]

Gaétan Bouchard a dit...

Les commentaires n'ont aucun rapport avec le billet qui le précède. Ils nous entraînent dans un couloir de l'espace-temps où même Einstein y perdrait ses logarithmes. C'est une histoire dans l'histoire. C'est comme pour La légende du grand inquisiteur, un conte inséré dans Les frères Karamazov qui vaut son pesant d'art. Je ne vous dirai même pas c'est qui l'auteur. Désolé de vous présenter cet intermède et youppi Desjardins.

helenablue a dit...

Cette chanson, me donne des frissons...

Mistral a dit...

Comme tout ce qui sonne vrai et qui sent bon.

helenablue a dit...

Qui donne à notre courte vie raison.

Gaétan Bouchard a dit...

Et hop, une tranche de jambon. ;)